Wim Huysecom, 1926-2014

Une contribution institutionnelle exceptionnelle

par Jacques-Albert Wallot

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Jacques-Albert Wallot

Professeur retraité, UQAM

Biographie

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Du début des années soixante jusqu’au début  des années quatre-vingt-dix , Wim Huysecom a été un acteur très important dans le milieu de l’enseignement des arts au Québec.

Le rapport empathique et convivial que Wim Huysecom entretenait  avec ses collègues et ses étudiants ne doit pas nous faire oublier qu’il a été un formidable défenseur de la place des arts plastiques dans le régime scolaire. Dès la fin des années soixante, c’était connu qu’à la Commission scolaire des Mille-Iles où Wim Huysecom était responsable de l’enseignement des arts, il y avait plusieurs professeurs d’arts plastiques spécialisés qui y enseignaient. Irène Sénécal s’en était sûrement aperçue. Wim Huysecom  a d’ailleurs enseigné la pédagogie artistique à l’ancienne École des beaux-arts de Montréal. Je me souviens de cette capacité qu’il avait de sécuriser les étudiants.

Wim Huysecom a été de toutes les initiatives en enseignement des arts, qu’il s’agisse de la création de l’association des professeurs d’arts plastiques, de l’association des coordonnateurs  en arts plastiques et, comme sa collègue Monique Brière,  il était toujours de tous les combats et de tous les congrès. Il a été présent lorsque le programme d’art de 1968 fut publié, on pense ici à Louis Belzile, il était également présent lorsque les merveilleux programmes du Ministère de l’éducation écrits par Nicole Sorel et Lise Cloutier furent publiés en 1982 En fait, il a également été présent et très actif dans la défense de la présence des arts dans le système scolaire, même dans les difficiles années  quatre-vingt.

Il y avait chez Wim Huysecom , un coté très terre à terre et, paradoxalement, très visionnaire, toujours à l’affût des nouvelles possibilités pour l’enseignement des arts. C’est lui qui,  je crois, a été le premier à proposer un volet arts plastiques communication au secondaire, conscient que l’apprentissage des nouveaux média ne devait pas être pris en main par les seuls professeurs de français. Il voulait que les professeurs d’art plastiques occupent eux aussi ce territoire. C’est comme si il avait anticipé l’avènement des arts médiatiques. À l’époque, il était d’ailleurs fasciné par le propos de Marshall McLuhan sur la fin de la civilisation Gutenberg et sur la façon dont médias électroniques changeraient  notre vision du monde. Le médium est le message écrivait McLuhan.

Il faut savoir que Wim Huysecom était également très au fait  des nouvelles idées en éducation artistique. Il était très au fait de l’impact du rapport du colloque Penn State U Seminar  (1967) un document américain qui circulait à Montréal et qui s’intéressait à l’éducation « à » l’art et qui fut publié par le professeur Edward L. Mattil, assisté de Leon Frankston.(1)  Wim Huysecomn était particulièrement intéressé par un texte spécifique de ce rapport, texte écrit par Manuel Barkan sur la façon dont les problèmes curriculaires en art éducation devaient être abordés.

Ma perception est aussi que Wim Huysecom était typiquement un didacticien disciplinaire en ce sens que pour lui, toute pédagogie artistique n’a de sens que si elle est collée sur l’art. Le milieu de l’éducation artistique doit être reconnaissant envers Wim Huysecom pour sa contribution institutionnelle à la défense de la place des arts dans le système scolaire.

  1. Dès 1968, le professeur Leon Frankston dirigea le programme d’études avancées à l’Université Sir George Williams (Concordia) et c’est également lui qui finalisa l’intégration de l’ancienne École des beaux-arts de Montréal à l’UQÀM

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