La passion de collectionner

par Gilbert Gosselin

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Gilbert Gosselin

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École secondaire Georges-Vanier

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Il y a des enseignants en arts plastiques qui communiquent à leurs élèves non seulement leur matière mais leur passion pour l’art: les élèves, alors, s’impliquent davantage dans leurs projets.

Lors d’une récente visite à Québec, j’ai rencontré ce même enthousiasme chez deux galeristes,  Norbert Langlois et Abdelilah Chiguer de la Galerie 3, de Québec. Collectionneurs avant même d’avoir eu une galerie, ils se démarquent par leur volonté de faire découvrir les arts à un plus large public, en partageant leur passion pour l’acquisition d’œuvres d’art.  

Ils soulignent l’importance de l’accueil qu’ils font aux visiteurs de leur galerie, afin de faire tomber leurs préjugés. Il n’est pas rare qu’un spectateur veuille comprendre «tout de suite» une œuvre, et de ce fait, puisse se sentir frustré de ne pas y parvenir. Le rôle du galeriste, selon eux, est d’amener le spectateur dans un état de réceptivité et de confiance dans sa propre sensibilité «intelligente». De plus, il peut le renseigner non seulement sur l’œuvre, mais également sur  la démarche de l’artiste, ce qui alimente les interactions avec l’œuvre.

“Quand on achète une œuvre d’art on pose un geste de confiance envers soi-même.
L’œuvre d’art sur le mur nous rappelle chaque jour cette confiance”

Ces collectionneurs-galeristes se font un devoir d’intéresser un nouveau type de collectionneur, qui n’est pas nécessairement quelqu’un ayant de très grands moyens. À cet effet, ils citent un enseignant du secondaire qui s’est constitué au fil du temps une collection de plus de deux cents œuvres! L’âge, non plus, n’est pas un empêchement à l’achat d’œuvres d’art. À titre d’exemple, ils relatent l’histoire d’un très jeune acheteur qui était passionné pour une œuvre, mais qui n’avait pas la somme pour l’acheter. Ils lui ont  donc proposé à sa grande joie, un financement sur douze mois et sans intérêt. Comme ils le disent, ils ont peut-être favorisé l’émergence d’un nouveau collectionneur. Ce qui est également le cas des trois quarts de leur clientèle qui ont acheté chez eux leur première œuvre.

La communauté dont fait partie la Galerie 3 participe à de nombreux événements et vernissages. Ils considèrent que Québec est la ville de tous les possibles: les galeries d’art actuel sont concentrées dans deux kilomètres carrés dont le centre Méduse, où toutes les disciplines se côtoient (art visuel, vidéo, performance, cinéma…), est le noyau.

Selon eux, il reste beaucoup à faire pour contrer le désengagement des gouvernements face à la culture et à l’art contemporain. Cependant, le milieu de l’art se mobilise, se concerte et fait tomber les frontières entre des institutions établies il y a vingt ou trente ans: à titre d’exemple, la Foire en art actuel de Québec a provoqué un métissage entre un centre d’artistes, des artistes non représentés et des galeries commerciales.

Ce type d’événement a fait en sorte que plusieurs artistes ont eu un rayonnement et ont vendu leurs œuvres. Quant aux acheteurs, ils font partie d’une nouvelle génération de collectionneurs: ils achètent ce qui les touche, «posent un geste de confiance envers eux-mêmes ».  Ils sont conscients de soutenir et de promouvoir le milieu de création et ses artistes émergents. Leur passion est plus importante que l’idée de faire un placement!

Cette rencontre énergisante avec ces deux galeristes sera-t-elle décisive dans mon achat d’une première œuvre?  Peut-être bien, car maintenant je me reconnais davantage dans les caractéristiques d’un acheteur potentiel, touché par l’art et pouvant me permettre de l’acheter.

J’entrevois aussi la possibilité d’entreprendre ma propre collection: en tant qu’enseignant, je me retrouve devant la fascination toute personnelle de vivre avec des œuvres qui me provoquent et me rappellent mon engagement dans ma relation à l’art.

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