L’anamorphose

Implications et investissements pédagogiques

par Aimé Zayed

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Aimé Zayed

Aimé Zayed

Ph .d Université du Québec à Trois-Rivières

Biographie

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Après avoir recensé quelques variations contemporaines traitant de l’anamorphose, l’idée d’intégrer ces connaissances à l’intérieur d’une situation d’apprentissage devient omniprésente. Mais comment procéder ?

Une petite remontée dans l’histoire de mon enseignement à l’Université du Québec à Trois-Rivières doit ici être racontée afin de bien saisir l’importance de  ce texte.

Il y a quelques années, j’avais préparé un diaporama traitant de l’anamorphose, diaporama que j’avais présenté une première fois au congrès de l’AQÉSAP de 2009. Fort du succès obtenu durant la projection, j’ai décidé de le présenter à mes étudiants universitaires dans le cadre du cours de didactique des arts plastiques au secondaire. Quelle ne fut ma surprise de voir leur étonnement. Ils étaient complètement subjugués par la virtuosité des artistes retenus (Georges Rousse et Félice Varini, plus particulièrement). L’idée me vint alors de leur proposer de réaliser une situation d’apprentissage traitant de ce même sujet. Les résultats furent éloquents. J’ai donc récidivé avec ce projet lorsque je le pouvais et c’est l’année dernière qu’une étudiante m’a informé qu’elle proposerait, à son tour, le projet à des élèves du secondaire durant son stage IV.

Maloup Gagnon-Bernard s’est donc attelée à la tâche. Elle réalisa un diaporama pédagogique et le présenta aux élèves afin de les motiver et les inspirer.

La première réaction des élèves fut plutôt teintée d’un certain découragement devant l’ampleur du travail qu’ils avaient à réaliser. Mais Maloup était très motivée et elle leur expliqua le processus de réalisation, une étape à la fois. Une fois cette première marche franchie, il était impératif de penser aux endroits stratégiques qui pourraient recevoir les deux anamorphoses, demander les autorisations nécessaires à la direction de l’école, informer les enseignants au sujet du projet, débloquer le budget nécessaire à l’achat du matériel et s’organiser avec le rétroprojecteur et son support roulant.

Elle commença donc par diviser la classe en deux équipes distinctes. Chacune de ses équipes avait un rôle bien précis.

Il fallait tout d’abord dessiner les deux prototypes sur acétate, les installer sur un rétroprojecteur (en marquant parfaitement leur emplacement pour les cours suivants) et les projeter sur les espaces ciblés.

Les élèves commencèrent alors leur travail. Dans le cas de l’anamorphose « ART », il s’agissait de tracer, à l’aide ruban adhésif rouge, la ligne contour de chaque lettre projetée. Par la suite, devant le refus de la direction d’accepter que les murs soient peints, Maloup demanda aux élèves de coller des cartons rouges à l’intérieur des formes, en les juxtaposant les uns aux autres.

Les élèves avaient un plaisir fou à voir émerger l’anamorphose devant leurs yeux. Ils travaillaient avec joie et étaient fiers d’eux. Lorsque l’anamorphose fut complétée, les élèves ont de ce fait pris conscience que lorsqu’une situation d’apprentissage est présentée adéquatement, lorsque l’enseignant (la stagiaire, dans ce cas) est motivé, rien ne peut freiner les élans créateurs des jeunes.

Un deuxième projet fut aussi réalisé par les élèves d’un autre groupe, l’anamorphose « PAIX ». Évidemment, le même processus a été repris et les élèves furent confrontés cette fois à de multiples problèmes de réalisation. En effet, une colonne obstruait l’espace. Mais cela s’est avéré plutôt un défi que les jeunes ont relevé haut la main. Voici d’ailleurs deux images qui attestent des difficultés encourues et surmontées lors de la réalisation de cette anamorphose bien particulière.

Une dernière image nous permet justement de comprendre un peu mieux le concept anamorphique sous-jacent à cette situation d’apprentissage. Le déplacement du photographe et de la caméra nous révèlent plusieurs façons de voir cette image. L’idée est toujours de représenter sur une surface tridimensionnelle une œuvre qui épouse cette surface mais qui, par jeu optique, donne l’impression d’être bidimensionnelle.

Je tiens à remercier ma stagiaire Maloup Gagnon-Bernard pour l’excellence de son travail lors de ce stage.

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