PÉDAGOGIE, APPRENTISSAGE ET GESTION

par Sébastien Stasse

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Sébastien Stasse

Sébastien Stasse

Intervenant en nouvelles technologies, directeur École Alex Manoogian

Biographie

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    L’école de mon enfance, il y a plus de trente ans, ne m’a pas beaucoup aidé à m’éveiller ou à développer mon côté artistique. Je dirais même que mes cours d’arts plastiques ont simplement fait en sorte de renforcer l’idée que je n’avais aucun talent artistique. En fait, je n’arrivais tout simplement pas à faire de « beaux » dessins ou encore à faire preuve  d’un talent particulier en ce sens. Je n’ai jamais fait de musique à l’école, ni d’art dramatique et encore moins de danse. La culture à la maison a surtout été présente par les livres de la bibliothèque municipale, plus abordables pour notre famille modeste que d’éventuels cours de toutes sortes.

    J’ai découvert un jour que j’avais un petit côté artiste en moi ou, à tout le moins, un grand côté créatif. Cette prise de conscience a eu lieu lors d’un week-end d’atelier avec l’artiste Seymour Segal. Le titre de l’atelier : « Dépasser le bon et le pas bon ». Dès le début, M. Segal avait insisté sur le fait que si nous produisions quelque chose de « pas beau », ça n’était pas grave, et que si nous produisions « quelque chose de beau », ça n’était pas grave non plus ». À partir de ce moment, j’ai surtout réalisé l’immense pouvoir des arts autant sur l’estime de soi que sur la capacité à innover quand on pouvait laisser libre cours à sa créativité.

    • Et si la créativité était une des clés qui permettait aux gens de s’épanouir?
    • Et si l’école avait la responsabilité, en plus de donner le goût d’apprendre, de permettre aux enfants qui la fréquentent de goûter à différentes façons d’être créatifs ou de mettre à profit leurs talents créatifs ou artistiques ?

    Ce sont sur ces deux prémisses que, depuis mon arrivée en poste à la direction d’un petit établissement d’enseignement, les arts ont pris une plus grande importance. Pour y arriver, il faut nécessairement pouvoir compter sur des enseignants passionnés, mais surtout qui ont une vision inclusive des arts permettant à chaque élève d’apporter une contribution à sa mesure. Le résultat : un spectacle de fin d’année où TOUS les élèves, de la maternelle à la 2e secondaire monteront sur la scène pour présenter une performance de groupe sous forme de chant, de musique, de danse ou de théâtre. Sans oublier, pour quelques-uns, une exposition virtuelle de leur œuvre préférée. Dans les quelques lignes qui suivront, je vous présentai les différents aspects qui ont rendu possible un tel projet.

    Dans notre milieu, tel que le prévoit le régime pédagogique, les arts plastiques ont été choisis pour être enseignés de la 1re année à la 6e année du primaire par les titulaires de classe. L’art dramatique était aussi enseigné à tous les niveaux. Après avoir sondé les talents artistiques du personnel de l’école, deux des enseignantes avaient une passion et une formation particulière en art dramatique et en musique. À la suite d’une rencontre, j’ai pu obtenir leur consentement pour leur permettre d’enseigner la musique au 1er cycle du primaire et les arts dramatiques au 2e cycle, de façon à ce que les élèves soient en contact avec l’art sous ses différentes formes dès le début du primaire.

    La particularité de l’école où je travaille, c’est qu’elle dessert surtout la communauté arménienne du grand Montréal. L’arménien fait partie du curriculum de tous les élèves, et, en plus de l’enseignement de la langue, les cours d’arménien intègrent la culture et l’histoire de ce pays. Pendant plusieurs années, des cours de danse arménienne se donnaient lors de périodes parascolaires à un certain nombre d’élèves triés sur le volet afin de présenter un spectacle de fin d’année avec costumes traditionnels. Mon objectif était donc de trouver un enseignant pour offrir un cours de danse non seulement à tous les élèves du 3e cycle du primaire mais également aux élèves du secondaire, et ainsi garder vivant cet élément de culture très valorisé par cette communauté. Après de nombreuses recherches, nous avons trouvé cette perle rare et avons réintroduit ce cours à l’horaire de nos élèves. Sous forme de teamteaching, un enseignant et un spécialiste de danse arménienne s’assurent maintenant de l’atteinte des compétences du programme de danse par les élèves avec une saveur culturelle arménienne.

    Enfin, notre classe d’accueil reçoit des élèves en francisation. Il s’agit d’Irakiens, de Syriens ou d’Arméniens récemment arrivés au pays et parlant souvent uniquement l’arménien. Ces enfants doivent donc, en plus d’apprendre la langue du pays, s’adapter à une nouvelle réalité, à un nouveau milieu. Afin de leur offrir une façon de s’exprimer tout en intégrant le français, nous avons mis à leur horaire plusieurs périodes d’arts plastiques avec une enseignante spécialiste. Ces périodes deviennent alors l’occasion pour eux de s’initier à différents médiums et même de présenter des expositions virtuelles comme celle-ci :

    http://tinyurl.com/expositionvirtuelle

    Il n’est donc pas rare, dans la cour de récréation, de voir des élèves répéter une chorégraphie de danse ou pratiquer des répliques de théâtre. Les murs de notre école regorgent d’œuvres de nos élèves qui, bien souvent, se retrouvent aussi sur notre site web.

    En plus de permettre à nos élèves de s’initier à une autre forme d’expression, les arts ajoutent à notre établissement une atmosphère créative qui a sans contredit contribué à changer notre culture d’établissement. Et, si un jour cette créativité n’est pas présente dans le métier que nos élèves choisiront d’exercer, je crois qu’ils auront au moins goûté à différentes façons leur permettant d’être créatifs.

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