PÉDAGOGIE PASSIONNELLE

par Paul Carrière

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    Nous, enseignants, avons tous fondamentalement le même but : faire connaître, faire apprendre, faire apprécier notre matière. Pourtant, malgré toutes nos bonnes intentions, des élèves décrochent de nos cours.  Parfois, le réflexe d’installer des méthodes coercitives s’impose. C’est à partir de ce point d’observation que j’ai développé toute ma réflexion. Ne cherchez pas ici un manuel expliquant comment régler tous les cas problèmes ; vous trouverez plutôt une vision en dix-sept paramètres de la façon d’établir un climat favorable à une bonne gestion de classe.

    1          La gestion du temps, de la vie, des rêves

    Avant de vouloir diriger les autres, il est impératif de bien nous connaître, de nous accepter, de capitaliser nos forces et gérer nos faiblesses. Soyons critiques envers nous-mêmes, développons et utilisons cette faculté d’analyse qui permet de nous améliorer, de nous estimer.

    2          Avoir de l’ordre et éviter les redondances

    Avoir de l’ordre et de l’organisation permet d’improviser au besoin en plus de rendre le quotidien plus sympathique. En ayant du plaisir au travail et en transmettant ce bonheur, nos élèves verront que le travail est une valeur intéressante, stimulante et rentable, pas un fardeau d’esclave.

     3         Aimer notre matière,  aimer enseigner

    Il arrive parfois que nos tâches soient complétées d’une matière qui nous est moins familière et, malgré notre bonne volonté, nous ne pouvons pas nous imaginer en train de l’enseigner. S’il est vrai que l’on ne peut pas tout aimer enseigner et qu’on ne peut pas exceller en tout, il existe des moyens pour remplir notre mandat adéquatement. Nous devons faire de notre mieux et nous perfectionner. En tant que professionnel, nous nous devons de continuer à inspirer les élèves par une bonne performance.

    4          Utiliser la confiance telle un phare

    Pour faire naître la confiance, il faut arriver à une certaine forme d’intimité avec nos élèves. Pour certains enseignants, tout cela peut vouloir dire perte de contrôle, perte de la maîtrise de ses élèves ; en fait, nous devons construire avec eux une relation d’aide et de sincérité.

    5          Apprécier la valeur de tous les élèves

    Ce qui est difficile dans une classe, c’est d’aimer tout le monde de façon égale, mais ce qui est possible, c’est d’estimer et de trouver en chacun la force qui l’anime. Lorsque les élèves arrivent en classe, nous devons sortir nos antennes et capter l’émotion, la fébrilité, la joie, la peine, l’anxiété du jour, accorder les violons et jouer une symphonie avec eux.

     6         La mémoire au sens large : outil prédominant pour un bon pédagogue

    Un des secrets d’une bonne gestion de classe est de bien connaître tous les élèves,  de mémoriser tous les détails qui aideront à les évaluer : leur personnalité, leurs qualités, leurs défauts, leur style, etc. Vouloir bâtir avec eux au jour le jour, c’est comprendre que l’on peut connaître une personne par son nom, mais que la connaître réellement signifie que l’on sait comment lui parler, l’aider, que l’on a gagné sa confiance. Le fait d’être attentif à tout un chacun montre aux enfants qu’ils sont tous importants à nos yeux, que nous les considérons. L’atmosphère de la classe en est, par le fait même, métamorphosée

     7         Instaurer une philosophie familiale : un clan, une tribu

    Si la classe devient une communauté, une tribu, cela nous permettra de réaliser des choses extraordinaires. Ce principe simple est pratiquement un gage de réussite de notre gestion de classe; la discipline n’a pas sa raison d’être quand tout le monde travaille dans le même but.

     8         L’évolution de ses élèves

    Il faut s’ajuster rapidement à l’âge des élèves, à leur maturité intellectuelle et émotive. Connaître nos élèves est donc primordial, c’est une des premières portes qui s’ouvrent pour gérer le groupe, mais surtout pour le convaincre qu’il peut nous faire confiance.

    9          Des demandes, des commandes

    Nous oublions parfois que les enfants ne sont pas nos employés ! Nous devons toujours tenir

    compte du degré de difficulté de nos demandes.

    10        L’école, ses environs, sa classe

    Connaître le quartier, les rues avoisinantes, voir les gens dans leur milieu et faire le tour de l’école sont les premiers pas dans l’appropriation de sa place dans son milieu de travail. Pour pouvoir être un guide, il faut connaître son espace.

    11        Devenir un personnage

    La perception que les élèves ont de nous peut aider ou nuire à notre gestion de classe. Nous ne devons pas nous modeler aux goûts chacun, mais bien reconnaître qui nous sommes. Nous sommes des acteurs, des vendeurs, des animateurs, des pères, des mères ; nous représentons à la fois, l’autorité, la connaissance et nous devons canaliser le tout dans une seule voix, la nôtre.  Il ne s’agit pas ici de jouer un rôle, mais plutôt d’être conscient de l’intonation de sa voix, de sa musique, de son rythme, etc., et ne peut pas prétendre que la matière enseignée fera office de tout.

    12        Mettre en valeur le courage, la détermination, la persévérance et la coopération

    Même si elles sont peu ou pas présentes dans le langage enfantin, ces valeurs sont des engrenages émotifs qui aideront les enfants à travailler ensemble, à s’aider ainsi qu’à partager leur savoir et leurs habiletés.

    13        Travailler conjointement avec les spécialistes, les collègues

    Nous ne pouvons pas imposer à nos collègues nos méthodes, nos philosophies, mais nous pouvons en parler, en discuter. Nous devons, nous aussi, travailler en équipe. Il faut concevoir et accepter que nos croyances ainsi que nos façons de faire peuvent être à l’opposé de celles de nos confrères, d’où le besoin de partager, travailler en coopération avec eux. Plus on est en bonne relation avec tous les intervenants de notre classe, plus on met de chances de notre côté pour mieux la saisir et mieux réagir avec les élèves.

    14        Le régime de la peur peut-être? Préalablement, questionnez l’élève!

    Le régime de la peur est une arme que nous devons garder tout près, parfois nous n’avons pas le choix : téléphoner à la maison, écrire un mot dans l’agenda, aller avec l’élève au bureau de la direction, etc. Mais avant de prendre des moyens dramatiques, cherchons à comprendre ce qui amène l’élève à avoir cette attitude négative. Notre compassion et notre empathie conforteront par le fait même les autres dans notre image de chef.

    15        Les coeurs brisés : qui sont-ils?

    Ces enfants avec de gros troubles de comportement ou de santé mentale sont le défi majeur pour les enseignants. Ces cœurs brisés par la vie, la peine, la famille dysfonctionnelle, la maladie mentale sont souvent supportés par des parents épuisés ou, pire, pas plus faciles à gérer qu’eux. Avec les cœurs brisés, restons honnêtes, ne jouons pas leur jeu favori, la terreur. Montrons-leur que nous pouvons les aider et que, malgré leur attitude négative, nous ne les détestons pas. Nos alliés dans ces moments difficiles sont les élèves du groupe, qui peuvent vraiment nous aider. Nos autres alliés sont nos collègues auprès de qui nous pourrons mettre en parallèle les réussites et les moyens utilisés qui portent leurs fruits.

    16        La direction de l’école

    Chaque fois que la direction est consultée pour un problème de gestion de classe, il est fortement conseillé de noter et dater la rencontre. De la même façon, nous devrions toujours noter et dater les interventions avec l’élève dont nous voulons discuter avec la direction. Pour être pris au sérieux par celle-ci, il faut avoir fait nos devoirs : téléphoner à la maison, avoir écrit préalablement des messages dans l’agenda sur les problèmes rencontrés avec l’élève. La direction ne peut pas intervenir pour de petits tracas, mais ça ne veut pas dire que nous devons tout endurer.

    17        Changer d’école, une aventure profitable

    En gardant en tête que le point de départ d’une bonne gestion de classe c’est nous, changer d’école peut parfois nous transformer.  Partir c’est renaître, même si c’est difficile!

    Le professeur

    Je suis un professeur d’arts plastiques à la CSDM, à l’école Face, au secteur primaire. Je  travaille  dans une seule école et je n’ai pas à partager mon local, ce qui facilite mon travail. Depuis plus de vingt-cinq ans, j’ai travaillé dans plusieurs écoles primaires et secondaires de plusieurs quartiers de Montréal.  J’ai été suppléant avec tout ce que cela suppose comme adaptation et compromis.  Je suis un artiste multidisciplinaire,  père de deux enfants, et j’ai cinquante-trois ans.

    Si j’enseigne pour gagner ma vie, je fais tout ce qui est en mon possible pour être heureux au travail. Mes réussites avec les élèves sont aussi variées qu’écrire, illustrer et publier des livres avec eux, composer textes et musiques de comédies musicales, faire des films de fiction, d’animation, du dessin animé, de la sonorisation, des projets tics sous plusieurs formes et évidemment des expositions de leurs travaux d’arts plastiques. Toutes ces aventures ont été rendues possibles grâce à la confiance mutuelle, au bien-être d’être ensemble. Si j’en suis le catalyseur, les enfants en ont été et en sont l’énergie. J’adore croire que je leur lègue des souvenirs impérissables et l’inspiration de leur futur.

    La créativité sous toutes ses coutures ne doit jamais quitter notre enseignement. La gestion de classe : c’est nous!

    Paul Carrière

    http://www.paulcarriere1.com

    paulcarriere1@videotron.ca

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