Tibet mémoire

Exposition de Micheline Legaré

par Réal Dupont

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Réal Dupont

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    « Un merveilleux processus de création qui a pris racines dans ce pays visité et où un espace de ton être s’est complètement investi pour laisser surgir ces tabliers si merveilleusement habités. Le rendu, la magie de la couleur, le travail du métal repoussé, l’ensemble de la présentation de cette exposition, enfin… tout m’a séduit. »

    «  … Pour les œuvres, il y a beaucoup à dire mais je me résume en disant que j’ai apprécié la recherche formelle des jeux de lignes horizontales et des couleurs, teintes et tons aux multiples variations. Une vraie recherche formelle, celle-ci complexifiée par la division en trois bandes ce qui dynamise chaque partie. Certes, on comprend avec l’insertion heureuse des motifs décoratifs argentés qu’il ne s’agit pas d’une œuvre formaliste mais bien d’une mémoire, un hommage artistique personnel à un objet culturel important, le tablier tibétain. Et la troisième caractéristique qui nous rapproche encore plus du pays, ce sont les paysages traités avec une belle maîtrise picturale et une organisation formelle tout en variation selon les œuvres. … »

    C’est ainsi que Georgette Pineault-Plante et Suzanne Lemerise  ont commenté l’exposition de Micheline Legaré.

    En 2009, l’artiste se rend au Tibet en passant  par le nord de l’Inde et le Népal. Quel contraste entre l’Inde coloré et le Népal verdoyant où les cultures en espalier surplombent les torrents aux eaux turquoises et glaciales.  À la frontière, le désordre de la douane népalaise contraste fortement avec celle du Tibet où règne l’ordre rigoureux imposé par les chinois.  Mais c’est pour peu de temps. À quelques centaines mètres de la frontière, une longue file d’une centaine véhicules attendent que la route en construction soit accessible. Pendant les quatre heures d’attente, assise sur une roche, Micheline remarque pour la première fois,  une femme tibétaine portant un tablier aux couleurs vives retenu à la taille par une ceinture argentée décorée de turquoises et de corail. Le sujet de sa prochaine recherche artistique vient tout juste  de prendre vie !

    Le Tibet est pour elle une découverte totale. L’aride plateau tibétain au pied de la gigantesque chaine de montagnes de l’Himalaya s’élève derrière les montagnes de pierres grises, décorées ici et là de drapeaux de prières et habitées de troupeaux de yacks et de chevaux sauvages. Tout ce qui est brut dans la nature devient raffinement dans les temples, les maisons, les vêtements, les coiffures et les bijoux. La recherche de l’absolue dans leur religion se reflète continuellement dans la vie de tous les jours. L’expérience tibétaine en est une de mystère, de paix, d’intériorité et de sérénité. Toutes les portes décorées de tissus et de représentations florales de couleurs vives contrastent avec l’austérité des bruns et des gris des murs et des rues. Fait inusité, la position très  particulière du soleil projette démesurément les ombres de tout ce qui existe et plus particulièrement celles des personnages et des animaux.

    « Cette exposition fut pour moi une recherche autant formelle que sensorielle. Elle m’a permis d’exprimer et de représenter tout ce que j’ai accumulé d’émotions et de sentiments à l’égard de ce peuple qui vit en osmose avec son environnement et que je désire faire connaître et reconnaître en ces temps douloureux pour eux. »  de poursuivre Micheline Legaré.

    L’exposition est fidèle à son vécu et à sa démarche comme artiste et pédagogue.  Dans une première salle, elle propose au visiteur une vidéo qui présente les principales caractéristiques du peuple tibétain, dans une deuxième salle, les visiteurs regardent ses photographies prisent sur les lieux ainsi que des artéfacts du pays. Ces deux activités ont pour but d’imprégner les visiteurs des perceptions de l’artiste et d’offrir des pistes de lectures pour mieux apprécier ses tableaux. La grande salle d’exposition des tableaux est consacrée à la femme tibétaine, gardienne de la culture dont les vêtements et les activités en sont les témoins. Pour symboliser cet attachement de la femme à sa culture, Micheline Legaré  reprend les mêmes caractéristiques vestimentaires et crée des tableaux constitués de trois bandes horizontales de couleurs vives et variées encadrées de deux lignes noires le tout  rehaussé dans le haut du tableau d’une boucle de ceinture de métal repoussé aux motifs variés incrustés de pièces de corail et de turquoise.  Une dizaine de tableaux symbolisent ainsi cette culture menacée de toute part. Les autres œuvres, plus réalistes, représentent des scènes de la vie de tous les jours.

    Ateliers pour les jeunes

    Suite à l’exposition, l’artiste  anime  des ateliers avec des  élèves de sixième année des villes de St-Bruno, Boucherville et St-Basile-le-Grand. Elle présente une conférence sur son travail et l’influence de ce voyage au Tibet dans sa pratique artistique. La rencontre est suivie d’un atelier de création où les élèves travaillent le métal repoussé sous la direction de Laure Lasserre, éducatrice en arts plastiques. La ville de St-Bruno avait reçu, pour l’occasion, une subvention de la Conférence régionale des élus de Longueuil (CRÉ) qui vise à favoriser la mise en place d’activités de médiation culturelle.

    Réal Dupont

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