Marée d’Art – Marée Noire

par Amelie Bernard

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Quand dix enseignants d’une grande polyvalente s’unissent pour sensibiliser leurs élèves à une cause qui leur tient à cœur, on obtient une superproduction artistique qui rassemble.

Sur scène, 165 élèves ont chanté, dansé, joué et interprété des rôles. De nombreux autres ont peint, filmé, écrit, sculpté, assemblé. En tout, 900 élèves ont touché de près le projet Marée d’Art- Marée Noire, soit près du tiers des élèves de l’école.

Le projet Marée d’Art- Marée Noire est né d’abord de la complicité des enseignants en arts de l’école Curé-Antoine-Labelle de Laval. La complémentarité de chacun de leur univers artistique a permis une réelle création touchant à quatre arts (arts plastiques, art dramatique, musique et danse).

L’idée s’est formée suite au déversement de pétrole survenu dans le Golfe du Mexique au mois d’avril 2010. La conscientisation des élèves à la fragilité de l’écosystème planétaire semblait alors primordiale. Une dizaine d’enseignants se sont dédiés à ce projet d’envergure:  enseignants de français, de chorale, de musique, d’art dramatique, d’arts plastiques, groupes de déficience intellectuelle; tous ont mis leur énergie pour mener à bien une grande aventure, qui a culminé en un événement artistique de fin d’année réunissant les quatre disciplines artistiques, ainsi que le français, sur une même scène.

Un document visuel sous forme de documentaire choc a été réalisé pour servir de déclencheur commun pour toutes les disciplines. Une appréciation a été faite en classe d’arts plastiques, et le questionnaire a été repris par les enseignants de français. Puis est venu le moment de la création, de la mise en branle de la démarche artistique.

Un voyage en Gaspésie organisé spécifiquement pour les besoins de la cause a même permis aux élèves participants d’entrer en contact direct avec la nature, c’est-à-dire avec une partie de l’écosystème québécois. L’apport d’un artiste-invité a aidé les élèves à se familiariser avec le land art; sur la grève, les jeunes ont fait des trouvailles, les ont placées sur le sable, les ont agencées pour en faire des œuvres éphémères. Une immense sculpture, façon land art, a été conçue in situ avec du bois flotté, des pierres et des algues servant de liens. Un dragon a surgi de l’imaginaire et de la matière.

Cette expérience a marqué les élèves au point d’avoir l’idée d’incorporer des images filmées de ce voyage à la scénographie du spectacle. En plus de chorégraphies, de pièces musicales, de chansons et de poèmes créés sur la thématique de la catastrophe et de la fragilité de la vie, de nombreuses réalisations visuelles ont été conçues.

Dans le hall d’entrée, de grands panneaux accueillaient les spectateurs, arborant des images-chocs sur les catastrophes qui détruisent les écosystèmes, panneaux créés par les élèves de l’option multimédia.

Des masques à gaz faits à partir de bouteilles de plastique recyclées ont été portés par des élèves ouvrant le spectacle. Ces masques peints de blanc produisaient une illusion stupéfiante. Des méduses géantes, fabriquées à partir de parapluies, de nappes, de rideaux de douche et d’autres matériaux divers, ont dansé sur la scène, où se sont côtoyées des créatures marines, sur lesquelles une projection d’un film tourné en Gaspésie se superposait, ce qui faisait chatoyer les quatorze poissons de  ruban-cache (masking tape) géants.

Sur le sol de la scène, de vieilles lampes métamorphosées par du treillis métallique et des bandelettes de plâtre ont fait office de coraux. Allumés, ces coraux phosphorescents transformaient l’ambiance en un fond marin inquiétant.

De grandes sépultures (4’’ x 8’’) ont été réalisées, puis utilisées comme éléments scéniques lors du spectacle. Les défis matériels et techniques se sont ajoutés à la réflexion des élèves face à la fragilité de la race humaine pour ces créations complexes. Une observation minutieuse du squelette humain a été essentielle à la confection des ossements, qui a nécessité le recours à divers objets recouverts de bandelettes de plâtre.

La poésie s’est mise de la partie, entre autres sur les cartes postales faisant office d’invitation au spectacle et obtenues par photogramme superposé d’un transparent agrémenté de taches d’encre de Chine.

La mise en scène de Geneviève Lefebvre, enseignante en arts plastiques à Curé-Antoine-Labelle, a permis une réelle communication et communion entre les différentes matières représentées. Se côtoyaient sur scène des élèves de différentes disciplines artistiques, ce qui a encouragé ceux-ci à discuter et à se féliciter, au lieu d’entretenir l’habituelle confrontation entre les arts.

Geneviève Lefebvre souligne que l’appui de la direction, principalement au niveau des libérations des enseignants concernés par le projet afin d’avoir des rencontres communes, a été essentiel.

Un projet de cette envergure demande certes de l’énergie et une grande coopération entre les enseignants, mais rapporte beaucoup au niveau de l’expérience, de la reconnaissance et de la fierté. Le rayonnement qui émane de cette production rejaillit sur la commission scolaire, sur le personnel de l’école, sur la communauté, mais surtout sur les élèves, qui se sentent interpellés par un projet d’une ampleur professionnelle, ce qui, évidemment, les conforte dans leur sentiment de compétence.

Les jeunes qui ont participé à ce projet ont été nourris, voire gavés de passion, ce qui a transparu dans leurs réalisations et dans leur motivation et persévérance.

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