La Revue Vision un patrimoine à chérir et à découvrir

J’aime Vision

par Suzanne Lemerise

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Suzanne Lemerise

Suzanne Lemerise

Professeure retraitée, École des arts visuels et médiatiques, UQAM

Biographie

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Je suis une admiratrice inconditionnelle de la revue Vision et il est primordial pour moi d’écrire pourquoi J’aime Vision, même si la revue est transformée depuis 2015 par des documents hors série de grande qualité et qui correspondent davantage à la dynamique culturelle d’aujourd’hui, dynamique qui bouge et qui s’affine selon les différents auteurs.    Ce texte se veut avant tout un hommage personnel à tous ceux et celles qui de près et de loin ont collaboré à cette revue. En premier lieu, je souhaite présenter de brèves informations historiques, raconter ensuite quelques anecdotes de la petite histoire de la revue et finalement expliquer pourquoi j’estime que cette revue aux racines historiques profondes est très importante, sinon essentielle pour les enseignants d’aujourd’hui.

Contexte historique : une série de dates.  C’est fatigant, mais important

Tout commence avec la fondation des associations en enseignement des arts qui se succèdent dans les années 1950. Avant cette date, il n’y avait aucun regroupement de laïcs spécialistes en enseignement du dessin et des arts plastiques, tout était contrôlé par le Département de l’instruction publique et le clergé.  Ces associations ont ouvert la voie à ce que nous sommes devenus, soit des spécialistes qui ont droit de parole.

1951 : l’Association internationale d’éducation par l’art, l’InSEA

1955 : la Société canadienne d’éducation par l’art, bilingue (SCEA/CSEA)

1955 : la « Child Art Association » fondée par Anne Savage au Québec; elle comptait une quinzaine de spécialistes anglophones et cinq francophones

1959 : La Société québécoise d’éducation par l’art, bilingue (SQEA/QSEA)

En 1960, arrive la Révolution tranquille, qui n’est pas tranquille du tout. Tout se passe en même temps et qu’arrive-t-il avec la Société québécoise d’éducation par l’art ? Dans ma documentation, j’ai quatre numéros d’une petite revue bilingue de la Société québécoise d’éducation par l’art. Mais, voilà, vers 1966, plus personne ne s’occupe de cette association. En 1987, je pose la question suivante à Michel Savoie : comment explique-t-il cette désertion ? « Tout le monde était très sollicité de part et d’autre. C’était la période du syndicalisme, du transfert des institutions, les cégeps et l’Université du Québec, polyvalentes. Les gens étaient impliqués dans l’action et ils n’avaient plus de temps ». (Savoie, 1987). Et c’est vrai surtout en éducation et en enseignement des arts plastiques. En témoignent les événements fondateurs résumés dans le tableau :

Entre 1963-1966 : les recommandations du Rapport Parent suivies de la grande réforme de l’éducation.

1964 : la création du ministère de l’Éducation

1966-67 : la fondation de l’Association des responsables en arts plastiques du Québec (AREAPQ)

1968 : la publication des nouveaux programmes d’arts plastiques

1968 : la fondation de l’Association des professeurs d’arts plastiques (l’APAPQ)

1969 : l’APAPQ publie le premier numéro de la revue Vision

 1969 : la parution du Rapport Rioux en janvier, publication retardée en raison des contestations de 1968.

1980 : l’AREAPQ et l’APAPQ fusionnent dans l’AQESAP.

Vision continue sa vie jusqu’en 2015

Un grand total de 80 numéros dont 4 en ligne.

La petite histoire de l’APAPQ et de Vision

Je me risque ici à raconter quelques éléments de la petite histoire liée à ma longue fréquentation du milieu. Par qui et comment a vécu et survécu cette vénérable revue au sein de l’APAPQ et de l’AQESAP ? Louis Belzile, artiste-enseignant est nommé responsable de la division des beaux-arts au sein MEQ en 1966  (Belzile, 1987). Il a piloté les comités de rédaction des nouveaux programmes, il est au courant de tout ce qui se passe au sein du nouveau ministère de l’Éducation et il participe à la fondation de deux associations, celle des responsables en arts plastiques (AREAPQ) et celle des enseignants spécialistes dans les écoles, de même qu’à la création de la revue Vision en collaboration avec Paul Beaupré au sein de l’APAPQ.

La petite histoire de la fondation de l’APAPQ est le parfait reflet des tiraillements de l’époque. Je résume à partir de quelques documents, dont une entrevue avec Paul Beaupré (Beaupré, 1987). Un premier regroupement de « faux spécialistes » fonde l’APAPQ à Saint-Félix-du-Cap-Rouge dans la région de Québec, en 1967.  Les lettres patentes sont enregistrées en janvier 1968.  Un premier congrès est organisé à l’automne 1968. Belzile avertit les spécialistes de Montréal que cette nouvelle association compte majoritairement des généralistes formés dans les cours d’été de Victoriaville dispensés par Irène Senécal et quelques professeurs de l’École des beaux-arts de Montréal.  Ameutés, les « vrais » spécialistes de Montréal s’invitent au congrès et entrainent quelques collègues de l’Université Sir George Williams (aujourd’hui Concordia) dont Léon Frankston alors directeur du département en «Art Education».

 Les plénières se déroulent dans un climat de discussions houleuses. Qui va prendre le contrôle de l’Association, les spécialistes ou les généralistes ? Les attaques fusent : Montréal veut noyauter Québec ?  La cerise sur le gâteau est déposée quand on propose de nommer Leon Frankston comme président. : Les Anglophones domineraient les francophones ?  Voyons donc ! Paul Beaupré, un frère de St-Viateur, fin diplomate et grand parleur, entame des discussions avec le frère Arthur Côté, le fondateur de cette nouvelle association et finalement Paul Beaupré et Leon Frankston sont nommés président et vice-président. Cette histoire est emblématique de deux phénomènes, d’abord un reflet des enjeux de l’époque certes, mais aussi une illustration qu’être dans l’action, sur le terrain, peu importe l’époque, il y a des risques, des irritants et surtout des enjeux.

La revue Vision est fondée en 1969. Une réflexion sur le titre nous ramène à cette époque des années 1960, où de nombreux jeunes ont une vision du développement d’un Québec moderne; on donne souvent l’exemple des responsables visionnaires de l’Exposition 1967 qui ont mis le Québec sur la scène internationale. Les deux premiers numéros sont bilingues, dans la continuité des associations antérieures et avec la collaboration des professeurs de l’Université Sir-George Williams, mais dans le contexte houleux des débats linguistiques des années 1968-1970, la collaboration anglophone cesse. L’interprétation de la scission est surtout pragmatique : lors des congrès, les anglophones unilingues n’assistent pas aux ateliers des francophones, c’est très frustrant et Paul Beaupré, le président ne dit pas un mot d’anglais. Depuis, la revue est francophone et un comité de rédaction assume la réalisation de la revue.

Comment « respire » cette revue ?  Il y a beaucoup de personnes et d’étapes impliquées.  Il faut solliciter des articles, chercher des annonceurs, faire les corrections de textes et la mise en page, trouver un imprimeur pas trop cher, aller chercher les revues et les poster.  Pendant plusieurs années, la revue se finance en partie avec les revenus publicitaires. En feuilletant les numéros en lien avec la publicité, on peut faire un historique jamais fait à ce jour, celle de l’utilisation de certains outils et matériaux dans les écoles et celle des plus fidèles collaborateurs, dont Jacques Beyderwellen chez Talens et des propriétaires de la maison Brault et Bouthillier.  Certaines années, quatre numéros sont prévus et seulement deux ou trois paraissent. Il y a même une année où le numéro 28 est publié avant le numéro 27, car on a égaré ce dernier !  Plusieurs numéros n’ont pas de dates, oubli ou difficulté dans la répartition du travail de chacun.  À partir du numéro 41, une seule revue est publiée annuellement

Vision existe grâce à des spécialistes engagés dans la promotion et la défense de leur discipline. Le pilier qui assure la stabilité de l’association et de la revue dans la décennie 1970, est Ulric Laurin[1] alors que Georges Baier est certainement le grand artisan de très nombreux numéros et de leur page couverture et ce jusqu’à l’an 2000.  À certaines époques, il faisait tout ou presque. Je me souviens aussi avoir vu travailler Monique Brière, les fins de semaine, penchée sur le montage des articles avec les ciseaux et la colle. Je me souviens des efforts « téléphoniques » de Micheline Desmarteaux et de moi-même lorsque nous sollicitons des annonceurs. Tout se faisait de manière artisanale.  Je sais que c’est injuste de nommer seulement quelques noms, ce sont généralement des collègues avec qui j’ai siégé aux comités de l’AQESAP.  À l’aube de la décennie 1990, l’implication de Francine Gagnon Bourget est exemplaire, elle assume la direction des numéros 43 à 65.

Le développement d’une discipline se fait essentiellement par des personnes dédiées qui acceptent de faire des tâches bénévolement et dont les effets positifs bénéficient à l’ensemble de la profession. Je reconnais aussi que la gratification est grande, car chaque collaborateur se sent utile dans un projet collectif et on rencontre des personnes engagées et riches d’expériences diversifiées.

Pourquoi la revue Vision est importante ?

 Grâce au travail colossal de la mise en ligne de Vision, tous les membres peuvent y avoir accès, c’est tellement utile pour la recherche et pour se ressourcer, car cette revue accompagne notre développement disciplinaire et professionnel depuis 50 ans.  Je profite de l’occasion pour remercier celles et ceux qui ont soutenu cette initiative si importante. C’est unique dans le domaine des arts, – il faudrait le faire valoir davantage -.  Qui plus est, la revue est d’une grande qualité visuelle. Ce n’est pas une feuille de chou.  C’est tellement intéressant de la feuilleter année après année et en voir les changements visuels : des petits formats initiaux, on passe au format 8’1/2 par 11’, et ensuite au papier glacé et à la couleur à la fin des années 2000 et plus récemment, à la publication sur internet. Quelle prestigieuse collection !

Vision, un lieu de prise de parole

La revue est très importante historiquement, elle est le lieu d’une prise de parole concertée. Avant 1960, les quelques spécialistes laïcs n’ont aucun lieu de prise de parole et il faut attendre 1948-1952 pour trouver quelques enseignantes féminines dont Senécal et ses collègues, prendre le risque de s’opposer publiquement au programme de dessin de 1948.  La Révolution tranquille se prépare dans les années 1950, particulièrement dans deux commissions scolaires visionnaires, dont la C.S. de Lachine avec J. Georges Chassé, directeur des études et la CÉCM avec  Laurent Morin, directeur du dessin qui acceptent que Senécal et ses jeunes disciples explorent une nouvelle approche pédagogique centrée sur le développement graphique de l’enfant.  Les Rapports Parent et Rioux légitiment la nouvelle école dite senécalienne et voilà que la revue Vision devient le lieu privilégié d’une prise de parole ouverte à l’ensemble des spécialistes.  Ce phénomène est lié à la démocratisation du système scolaire et à l’augmentation rapide du corps enseignant qui échappe désormais au contrôle religieux d’antan.

Vision et la dynamique du milieu

La revue Vision est un témoignage écrit de ceux qui s’impliquent, ce qui permet de saisir la dynamique du milieu, soit une réalité mouvante, en changement de ce qui se déroule dans le monde scolaire.  J’insiste sur ces deux termes, mouvance et changement.   Les programmes officiels d’arts plastiques sont des écrits qui s’actualisent sur le terrain.  L’histoire d’une discipline scolaire ne peut se limiter à l’étude des programmes.  Les activités des associations professionnelles telles que l’APAPQ et l’AQESAP, révèlent en grande partie comment se vivent les programmes : les initiatives du président et du conseil d’administration, les communications présentées dans les congrès et les articles de la revue  Vision permettent de saisir ce qui se trame dans une  histoire en mouvement et que j’appelle la dynamique du milieu.

Vision en quatre temps

Revenons à mon enthousiasme pour Vision. En cet automne 2019, je me suis demandée : qu’est-ce qu’on découvre de spécial durant ces 46 années. Je divise mes observations en quatre temps, mais ce qui suit n’est pas scientifique, je dirais que c’est  « impressionniste ».  C’est vrai que je suis très « impressionnée » par ce que je repère comme problématiques diversifiées.

1- Jetons un œil curieux dans les 27 premiers numéros de notre revue (printemps 1969 – automne 1979).  Il y a peu d’articles sur les programmes, davantage sur le statut professionnel des enseignants et les difficultés rencontrées sur le terrain, c’est d’ailleurs un des rôles de l’association d’en faire état.  Les instructions portant sur le traitement des matériaux et des techniques sont nombreuses et créent une petite polémique, certains s’offusquant de la trop grande importance donnée aux trucs du métier.  L’enseignement de l’histoire de l’art est abordé.  Il y a aussi d’excellents articles de recherche, qui témoignent de la naissance de l’accès des spécialistes aux études supérieures.  On s’intéresse également à ce qui se passe dans le milieu artistique et dans les musées.  On accorde de l’importance aux expositions des travaux d’élèves et aux résultats de quelques concours. Existent déjà des « journées des arts », des spectacles et des évènements liés à l’art contemporain.  À cet égard, j’ai été très surprise de lire plusieurs articles portant déjà sur l’intégration des matières et la multidisciplinarité, soit sous forme de questionnements, soit sur la présentation de bilans d’expériences.  L’existence du volet optionnel « arts plastiques et moyen de communication de masse » suscite des réflexions diversifiées tels l’importance de la télévision scolaire et les arts, les projets de vidéographie, les premiers balbutiements de l’application du programme « art communication » dans une polyvalente et surtout, une grande interrogation est soulevée: devons-nous utiliser les termes « arts visuels » au lieu d’ « arts «plastiques» ?  Et la question est posée par nul autre que Ulric Laurin, le président (Laurin, Vision, 9, p. 4-5).  Un seul numéro est différent dans cette série, le numéro 19, consacré à Irène Senécal où l’on trace le parcours de son importante carrière.  Le numéro 20 est spécial car sept articles abordent des problématiques fondamentales.  Autant de questionnements que l’on se pose encore aujourd’hui.

2- Une autre série mérite aussi notre attention, soit les numéros 27 à 43 (1980 à 1989) inclusivement, ils sont en couleur, sur papier glacé et comptent une quarantaine de pages.  Leur principale caractéristique est qu’ils sont thématiques et la seule énumération des titres donne un portrait global des enjeux des années 1980-1989 coïncidant avec la création de l’AQESAP.  L’avantage de cette pratique éditoriale réside dans le fait qu’une présentation exhaustive d’une problématique est cernée tout en permettant à chaque lecteur de connaitre plusieurs personnes partageant des intérêts communs.

27 – Expérimenter la couleur

28 – La créativité : des bourgeons aux fruits

29 – Colloque 80

30 – Art et société

31 – La recherche

32 – Art et environnement

33 –À l’heure des grands changements

34 – L’image multiple

35 – L’image jugée

36 – L’image et l’ordinateur

37 – Image, imagination, imaginaire

38 – Le défi culturel

39 – Pour une survivance des arts plastiques

40 – L’image et les autres disciplines : intégration, multidisciplinarité, pluridisciplinarité

41 – Thème : la matière

42 – Les événements (sic)

43 – Regards sur le monde

Quelques titres importants de la série des thématiques

3- Les numéros 44 à 65 (1991 à 2007), tous sous la direction de Francine Gagnon Bourget, reviennent à la formule des articles diversifiés bien que quelques thèmes importants soient annoncés en page couverture.  Le nombre de pages varie d’une vingtaine à une quarantaine.  La première page couleur est maintenue, mais les pages intérieures ne sont plus glacées.  Dans l’ensemble, c’est dynamique, ça bouge avec beaucoup de nouveaux enjeux, impossible de tous les énumérer.  Les pages couvertures sont magnifiques par leur diversité, dont plusieurs travaux d’élèves, d’autres présentent des œuvres d’artistes-enseignants correspondant à une volonté d’affirmer ce double statut.  On note aussi l’importance d’une dizaine d’entrevues permettant de reconnaitre l’apport plusieurs personnalités inspirantes, la majorité conduite par Christine Faucher.  Aux chroniques portant sur les médaillés de l’AQESAP, s’ajoutent celles identifiant les récipiendaires des prix Image de l’art et Essor qui sont très novateurs.

Il y a du nouveau dans les sujets abordés, une manière différente de réfléchir sur le contenu disciplinaire. Deux mondes se côtoient, entre les vieux routiers préoccupés par les clichés et la peur des technologies et des articles sur la métaphore, la pédagogie rhyzomatique et la culture populaire par exemple.  Le dernier élément innovateur est le nombre d’articles portant sur les nouvelles technologies et les arts médiatiques.  Les défis posés par le Vision 36, L’image et l’ordinateur en 1984 sont enfin pris très au sérieux, particulièrement dans le Vision 59, dans lequel trois articles abordent différents aspects de cette problématique de l’ère contemporaine en prenant soin de considérer aussi certains passages de l’entrevue de Georges Baier, ce vieux/jeune routier qui a tout exploré.

4- La quatrième série, sous la responsabilité de France Joyal et de Daniel Charest (les numéros 66 à 76, papier; 77 à 80 en ligne) se démarque par un nouveau design de présentation de la page couverture incluant la couleur et le papier glacé dans tout le numéro.  À la grande qualité des articles, se greffe désormais une mise en page totalement créatrice. J’irais jusqu’à dire que l’harmonisation de la forme et du contenu témoigne de la spécificité de notre discipline, l’IMAGE.  C’est une avancée disciplinaire dont il faut être fier.  Difficile de trouver une aussi magnifique revue dans le monde scolaire.  Deux mots résument pour moi la spécificité de cette série: l’engagement social et communautaire et être de son temps emprunté au titre de l’article de Marie-Pier Viens (Vision76, p. 10). Engagement également pour une approche multidisciplinaire au primaire. En ce début du XXIe siècle se dessine une nouvelle ère, celle d’un enseignement des arts plastiques et visuels renouvelé, ouvert sur la culture de l’élève, la collaboration communautaire, l’univers complexe des modes de communications et sur les défis environnementaux.  Faire sens pour l’élève se lie étroitement à l’apprentissage de moyens plastiques et visuels diversifiés.

Une brève synthèse

Je me risque à proposer une courte synthèse de ces cinquante années : à travers une démarche disciplinaire spécifique, se glissent de 1969 à 2015 des préoccupations et des bilans d’activités portant sur l’interdisciplinarité et sur l’importance des médias.  De plus, au fil des décennies, les recherches théoriques se ramifient et s’articulent dans des pratiques diversifiées et stimulantes.  Se maintient un intérêt pour le monde de l’art et des collaborations s’établissent avec les musées et d’autres enseignants et chercheurs hors Québec.

Vision et la recherche

La revue en ligne est certainement un des outils les plus précieux pour les chercheurs qui peuvent ainsi tenir compte de qui se fait et s’est fait au Québec; connaitre l’histoire en lien avec un présent ancré dans la réalité scolaire est une richesse, tant pour la culture personnelle qu’institutionnelle.  Rien maintenant ne justifie l’absence de références québécoises lorsqu’un chercheur rédige ce qu’on appelle « l’état de la question », quand il s’agit d’une recherche universitaire.  La revue elle-même est un objet privilégié de recherche, par exemple pourquoi ne pas étudier :

  • Les éditoriaux
  • Les mots du président
  • Le matériel pédagogique et les publicitaires – ça ne s’est jamais fait
  • Les liens avec le monde de l’art et des artistes et la notion de l’artiste-enseignant
  • La multidisciplinarité et/ou l’interdisciplinarité
  • La culture savante, de masse ou populaire et le monde des communications
  • Etc.  

On doit reconnaitre que les deux associations, APAPQ /AQESAP, leurs présidents, les conseils d’administration et leurs différents comités, sont les artisans incontournables de l’existence de notre discipline au sein de l’appareil scolaire et la revue Vision demeure un héritage irremplaçable et de belle qualité que l’on doit chérir et valoriser.

Note

Louis Belzile, est décédé cette année.  C’est un de nos plus importants « grands oubliés ». Ulrich Laurin fait aussi partie de ces « grands oubliés ». Les deux étaient des visionnaires, qui anticipaient dès les années 1970, les axes de développement de notre discipline.

Références

Beaupré, Paul (1987). Entrevue avec Suzanne Lemerise portant sur l’histoire de l’APAPQ, 14 mai, document manuscrit, 5 p.

Belzile. Louis (1989) Entrevue avec Suzanne Lemerise portant sur sa carrière, 14 février, document manuscrit, 19 p.

Laurin, Ulrich (non daté, probablement 1972). Arts plastiques ou arts visuels. Vision 9, p. 4-5.

Savoie, Michel (1987). Entretien téléphonique avec Suzanne Lemerise portant sur la Société québécoise d’éducation par l’art, date exacte perdue.

Viens, Marie Pier (2013). Être de son temps – nouvelles approches en enseignement des arts. Vision 76, novembre, p. 13-15.

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